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L’eau et les larmes pour la conversion

L’eau et les larmes pour la conversion

L’appel à la conversion est une partie essentielle de l’annonce du Royaume : les temps sont accomplis et le Royaume de Dieu est tout proche ; repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle (Mc 1,15). Dans la prédication de l’Église cet appel s’adresse d’abord à ceux qui ne connaissent pas encore le Christ et son Évangile. Aussi, le Baptême est-il le lieu principal de la conversion première et fondamentale. C’est par la foi en la Bonne Nouvelle et par l’eau du Baptême (cf. Ac 2, 38) que l’on renonce au mal et qu’on acquiert le salut, c’est-à-dire la rémission de tous les péchés et le don de la vie nouvelle.

Or, l’appel du Christ à la conversion continue à retentir dans la vie des chrétiens. Cette conversion est une tâche ininterrompue pour toute l’Église qui, ayant « des pécheurs dans son propre sein (…) est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et qui poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement » (LG 8). Cet effort de conversion n’est pas seulement une œuvre humaine. Elle est le mouvement du « cœur contrit » (Ps 51, 19) attiré et mû par la grâce (cf. Jn 6, 44 ; 12, 32) à répondre à l’amour miséricordieux de Dieu qui nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4, 10). En nous purifiant des péchés, l’eau du Baptême, par la force de l’Esprit Saint, reçoit la grâce de nous convertir des ténèbres à la vie de lumière. Par cette conversion, nous obtenions la nature de fils et filles adoptifs de Dieu.

Par ailleurs, dans la conversion de saint Pierre, après le triple reniement de son Maître, les larmes sont un élément remarquable. En effet, le regard d’infinie miséricorde de Jésus provoque chez Pierre les larmes du repentir (Lc 22, 61) et, après la résurrection du Seigneur, la triple affirmation de son amour envers lui authentifie ce repentir (cf. Jn 21, 15-17). Ce type de conversion a donc aussi une dimension communautaire, puisque Pierre converti par l’amour, est investi de la charge de ‘pasteur’ de tout le troupeau.

Saint Ambroise dit alors des deux conversions que, dans l’Église, « il y a l’eau et les larmes : l’eau du Baptême et les larmes de la Pénitence. »

 P. Adalbert Fouda Sch. P.

ADALBERT FOUDA

ADALBERT FOUDA

Piariste

Né à Yaoundé. Religieux et prêtre piariste. Exerce actuellement son ministère à Libreville comme enseignant de mathématiques et religion au Collège Calasanz; et vicaire de la Paroisse. L’enfant c’est ma passion!  

«L’Evangile de Calasanz»

«L’Evangile de Calasanz»

Suivant des experts en langue biblique néotestamentaire, le terme évangile, transcrit du grec ‘ευαγγέλιοv’, signifie « La Bonne Nouvelle ». Chez saint Marc, il signifie une narration assortie de témoignage de la vie, la mort et la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ (Mc 1,1). Saint Jean, pour sa part, exprime clairement que l’objectif d’un évangile est de nous conduire à la foi qui donne vie (Jn 20, 31).

Parler d’évangile de Calasanz, entend mettre en exergue la dynamique d’une vie dont le témoignage continue de se répandre dans diverses parties du monde, et invite l’homme à la foi en Dieu. Le contenu de la vie de Calasanz, comme un livre ouvert, constitue en effet son évangile. D’une enfance pieusement encadrée, nous voyons un jeune homme soucieux de servir Dieu ; puis, un pasteur ambitieux, et un homme hardiment engagé sur le chemin de sainteté –au prix de grandes souffrances- au cœur même de Dieu. Ses biographies disent bien cet évangile d’une vie pleine de sens, l’expérience d’un homme qui comme un Saint Paul au soir de sa vie reste confiant d’avoir « combattu jusqu’au bout le bon combat» (2 Tm 4, 7), et a reçu la récompense promise de son Seigneur. Parler de l’évangile de Calasanz, nous invite simplement à méditer sur sa vie, sa mort, et sa naissance au ciel, dont la ‘bonne nouvelle’ est d’abord entendue de la bouche d’un enfant. Ceci, pour découvrir davantage la vie de cet homme dont les pas ont porté la bonne nouvelle du salut par l’éducation aux enfants pauvres. Revisiter la vie de Calasanz comme un évangile, peut aussi réchauffer les motivations authentiques attiédies par l’usure du temps.

Par ailleurs, les plus dures épreuves de sa vie, constituent aussi une bonne nouvelle ; car on peut y redécouvrir l’assurance de la constante disponibilité de la grâce divine. L’itinéraire de cet homme de Peralta, mort à Rome comme un Paul, laisse voir des traces d’une vie de foi animée d’espérance et de charité.

Encore, comme saint Paul, Calasanz est détourné d’un projet purement humain pour être inscrit dans le riche projet de Dieu, en se donnant aux enfants pauvres. Ce don total de lui-même, par amour pour son prochain est également la ‘bonne nouvelle’ que toute l’Église reçoit.

 P. Adalbert Fouda Sch. P.

ADALBERT FOUDA

ADALBERT FOUDA

Piariste

Né à Yaoundé. Religieux et prêtre piariste. Exerce actuellement son ministère à Libreville comme enseignant de mathématiques et religion au Collège Calasanz; et vicaire de la Paroisse. L’enfant c’est ma passion!  

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu », une nouvelle Béatitude du Ressuscité.

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu », une nouvelle Béatitude du Ressuscité.

L’Évangile de ce dimanche relate deux scènes d’apparition du Ressuscité à ses disciples. Ces derniers sont enfermés dans leurs peurs, encore bouleversés par les évènements de la Passion et ceux autour du tombeau vide. Le Seigneur apparait donc pour apaiser la tempête de leurs âmes en leur offrant, comme à toute l’Église, trois dons : le don de la Paix, le don de l’Esprit Saint et le don de la Miséricorde. Ces dons, qui découlent tous du cœur aimant du Dieu Trine, sont liés. En effet, le don de l’Esprit Saint qui suit celui de la paix accompagne l’institution du sacrement de la miséricorde divine (la Confession). « La paix soit avec vous », dit le Ressuscité à trois reprises. Le Christ ressuscité nous offre donc en premier ce qui dissipe nos peurs et nos doutes, à savoir, la paix ! La paix dont parle l’évangile de saint Jean n’est pas un simple souhait, mais un véritable don, comme un héritage que le Maitre laisse à l’Église (peuple de Dieu). Celle-ci a donc pour mission de continuer d’être, par-dessus tout, le sacrement de la paix dans un monde actuellement en proie aux violences, aux crises, aux guerres et aux calamités de toutes sortes. Car, le premier don qu’elle reçoit du Christ-Ressuscité est la paix. En outre, en tant que communauté de foi unie au Christ ressuscité, elle a aussi pour mission de continuer d’être en ce monde, le sacrement de la miséricorde divine (dont les plaies sont les traces sur le corps glorieux du Ressuscité), par la force que donne l’Esprit Saint. Toutefois, il faut souligner que l’abandon dans la foi est la condition de réception de ces dons divins (Paix, Esprit saint et Miséricorde); d’où l’épisode de Thomas.

En effet, l’incrédulité de Thomas nous a valu une nouvelle Béatitude : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Ces mots du Ressuscité sont adressés à tous ceux qui reconnaissent et confessent le Christ ressuscité. Par cette nouvelle Béatitude, le Christ vole au secours de l’incrédulité de chacun de nous ses disciples. Elle loue tous ceux qui avec les ‘yeux’ de l’esprit s’ouvriront au Ressuscité pour obtenir, à travers la confession sacramentelle, la paix que donne l’Esprit.

 P. Adalbert Fouda Sch. P.

Dimanche 11 Avril 2021 | 2e Dimanche de Temps de Pâques

Jn 20,19-31: Parce que tu m’as vu, Thomas, tu as cru, dit le Seigneur. Heureux ceux qui croient sans voir.

Ce même soir, le premier jour de la semaine, les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit: «La paix soit avec vous!». Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau: «La paix soit avec vous! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie». Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit: «Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus».

Or, l’un des Douze, Thomas (dont le nom signifie: Jumeau) n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient: «Nous avons vu le Seigneur!». Mais il leur déclara: «Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas!».

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit: «La paix soit avec vous!». Puis il dit à Thomas: «Avance ton doigt ici, et vois mes mains; avance ta main, et mets-la dans mon côté: cesse d’être incrédule, sois croyant». Thomas lui dit alors: «Mon Seigneur et mon Dieu!». Jésus lui dit: «Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu».

Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre. Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.

ADALBERT FOUDA

ADALBERT FOUDA

Piariste

Né à Yaoundé. Religieux et prêtre piariste. Exerce actuellement son ministère à Libreville comme enseignant de mathématiques et religion au Collège Calasanz; et vicaire de la Paroisse. L’enfant c’est ma passion!