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L’Enfer, le Purgatoire et le Ciel sont des états non des lieux

L’Enfer, le Purgatoire et le Ciel sont des états non des lieux

Commémorer les fidèles défunts offre une occasion de rappeler l’enseignement de l’Église au sujet de l’enfer, du purgatoire et du ciel.

ENFER : Selon le Catéchisme de l’Église Catholique (CEC, 1033), l’enfer désigne l’état d’auto-exclusion définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux. En effet, cette idée est fondée tant sur l’enseignement de Jésus (Mt 5, 22. 29; Lc 13, 28) que sur les écrits des Apôtres (1 Th, 5, 3; 2 Th 1, 9; Rm 9, 22; Ap 14, 10). Il s’agit ici d’un refus de choisir l’Amour de Dieu, et d’accueillir sa miséricorde. Car, Dieu ne prédestine personne pour l’enfer, son projet de salut est pour tous; c’est l’homme lui-même qui le choisit, par son aversion volontaire de Dieu et son obstination à y demeurer jusqu’à la fin de sa vie. L’enseignement sur l’enfer a pour but d’appeler l’homme à la conversion et la responsabilité dans l’usage de sa liberté en vue de son destin éternel.

PURGATOIRE : Selon le CEC- 1030, ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort, une purification. Donc, le purgatoire désigne la purification finale des élus, qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés. Loin d’être un lieu, comme un centre de concentration (ou de torture), le purgatoire est plutôt le processus interne et nécessaire de transformation de l’homme, par lequel ce dernier devient capable du Christ, capable de Dieu et par suite capable de s’unir à toute la communio sanctorum.

CIEL : Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, et qui sont parfaitement purifiés, vivent pour toujours avec le Christ (CEC- 1023). Cette vie parfaite avec la sainte Trinité, cette communion de vie et d’amour avec Elle, avec la Vierge Marie, les anges et les bienheureux est appelée « le ciel » (CEC, 1024). Le ciel est donc la fin ultime et la réalisation des aspirations les plus profondes de l’homme, l’état de bonheur suprême et définitif.  Vivre au ciel c’est « être avec le Christ ». Selon une expression empruntée de Hans Kung, « le ciel de la foi –dont nous parlons ici – n’est pas un lieu mais une manière d’être »; et Ratzinger ajoutera, il est avant tout participation au mode d’existence du Christ.

 P. Adalbert Fouda Sch. P.

ADALBERT FOUDA

ADALBERT FOUDA

Piariste

Né à Yaoundé. Religieux et prêtre piariste. Exerce actuellement son ministère à Libreville comme enseignant de mathématiques et religion au Collège Calasanz; et vicaire de la Paroisse. L’enfant c’est ma passion!
La voix et la main du Berger

La voix et la main du Berger

Beaucoup de choses fragilisent la brebis croyante actuellement : les calamités, l’inflation des prix des besoins de première nécessité, le stress que donne la peur de se réveiller (ou pas) au cœur d’une guerre inédite, et tant d’autres incertitudes défiantes à la foi. Peut-être sommes-nous tenter de dire à Jésus, « jusqu’à quand vas-tu nous tenir en haleine? » Si tu es vraiment vivant manifeste-toi à nous « ouvertement » (Jn 10, 24). C’est dans un contexte idem que Jésus rappelle ses attributs de Bon Pasteur. Deux de ces attributs peuvent nous redonner assurance ce dimanche : la voix et la main du Berger.

Face aux épreuves qui l’acculent, le croyant peut voir son espérance menacée et se retrouver perdu. D’où l’urgence de rechercher, comme une brebis, la voix de Celui qui dit : « Mes brebis écoutent ma voix ». Cela signifie être attentif aux indices de sa présence même au milieu du chaos, redevenir véritables coopérateurs avec la vérité, car sa voix est celle de la vérité. En ces temps de dictature du bruit et du buzz médiatique, il est nécessaire que le chrétien réapprenne à distinguer cette voix du Christ, (Chemin, Vérité et Vie) dans la Parole proclamée dans la liturgie ou lue dans l’intimité, la prière silencieuse, l’interpellation fraternelle, les événements de sa vie.

Pendant que sa voix appelle le troupeau, par sa main le Berger le nourrit et le défend, afin qu’aucune brebis ne périsse.  « Sa main » pourvoit et ouvre continuellement le chemin de vie à celui qui le suit ; car le Berger aime profondément (connait) chacune de ses brebis. « Sa main » tient aussi le bâton pour arracher chacune du danger ; Il en prend personnellement soin pour s’assurer qu’elle reste toujours en vie.

La voix et la main de Dieu, indiquent aux hommes le chemin à suivre, et défendent ceux qui croient en Lui et sont effrayés par l’oppression et la violence des puissants. Alors, suivons-le, jusqu’au bout !

 L’Église est cette voix et main du Berger au milieu du monde. Par ses ministres, pasteurs humains, elle continue de porter l’écho de la voix de Celui qui appelle et interpelle. Prions donc pour que plus d’hommes et femmes se dédient à faire retentir la voix du Berger qui appelle les brebis sur le chemin et sa main qui les nourrit et les défend de toute force oppressive.

 P. Adalbert Fouda Sch. P.

Dimanche 08 mai 2022 | 4e dimanche de Pâques

Jn 10, 27-30 : Je donne la vie éternelle à mes brebis

Mes brebis écoutent ma voix; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle: jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes un.

ADALBERT FOUDA

ADALBERT FOUDA

Piariste

Né à Yaoundé. Religieux et prêtre piariste. Exerce actuellement son ministère à Libreville comme enseignant de mathématiques et religion au Collège Calasanz; et vicaire de la Paroisse. L’enfant c’est ma passion!  

Défis actuels de la pastorale juvénile

Défis actuels de la pastorale juvénile

L’urgence de repenser la pastorale juvénile piariste, doit tenir compte de certains défis actuels, parmi lesquels :

L’intérêt: susciter de l’intérêt chez les jeunes, quand il s’agit des activités de l’Église, est actuellement un défi important dans nos milieux. En effet, les jeunes se posent de plus en plus des questions existentielles (sur le sens de leur vie, la souffrance, le futur du monde, la mort) qui demandent des réponses pratiques et quelques fois immédiates. L’Église, à travers ses agents pastoraux semble ne pas toujours avoir des solutions toutes faites à porter de main; d’où la baisse de l’intérêt chez les jeunes quant à la pastorale qui leur est proposée.

La crédibilité : il y a une crise générale de crédibilité qui pose un grand défi à la pastorale juvénile dans nos missions. En effet, le foisonnement fulgurant des scandales, surtout sexuels, des personnes consacrées et des éducateurs…créé une certaine méfiance qui paralyse l’impact de la pastorale juvénile. Cette crise de témoignage, établit un fossé entre les jeunes et les agents pastoraux; le courant de contact s’en trouvant profondément affecté.

La crise sociale et familiale : la plupart de nos jeunes vivent des situations sociales et familiales qui désorientent beaucoup leur vie chrétienne (parents divorcés, enfants adoptés, éducation monoparentale difficile, incestes, viols…). La crise dans la famille pose chez eux une échelle de croissance presque sans appui. Beaucoup sont abusés et frustrés, certains perdent gout à la vie et pensent au suicide comme solution. En bref, ils semblent ne plus trouver des repères autour d’eux.
Manque de structures adéquates : il s’agit ici d’une absence dans certains milieux des structures adéquates de formation des agents pastoraux d’une part; et d’accompagnement des jeunes d’autre part. Car, les difficultés auxquelles ils font face demandent de plus en plus qu’on soit bien formé et informé pour un accompagnement efficace.

La pandémie de la Covid-19 : depuis plus d’un an la pandémie de la Covid-19 pose un réel défi à la pastorale juvénile. En effet, la distanciation sociale comme moyen de prévention a entrainé l’interdiction de rassemblement massif de personnes dans certains états, et la fermeture momentanée des écoles et des églises chez d’autres. Ceci a beaucoup gelé la pastorale juvénile. Le faussé de désintéressement s’est davantage creusé. Il y a un énorme effort de créativité chez les agents pastoraux mais la récupération des activités est très lente.

 P. Adalbert Fouda Sch. P.

ADALBERT FOUDA

ADALBERT FOUDA

Piariste

Né à Yaoundé. Religieux et prêtre piariste. Exerce actuellement son ministère à Libreville comme enseignant de mathématiques et religion au Collège Calasanz; et vicaire de la Paroisse. L’enfant c’est ma passion!

L’eau et les larmes pour la conversion

L’eau et les larmes pour la conversion

L’appel à la conversion est une partie essentielle de l’annonce du Royaume : les temps sont accomplis et le Royaume de Dieu est tout proche ; repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle (Mc 1,15). Dans la prédication de l’Église cet appel s’adresse d’abord à ceux qui ne connaissent pas encore le Christ et son Évangile. Aussi, le Baptême est-il le lieu principal de la conversion première et fondamentale. C’est par la foi en la Bonne Nouvelle et par l’eau du Baptême (cf. Ac 2, 38) que l’on renonce au mal et qu’on acquiert le salut, c’est-à-dire la rémission de tous les péchés et le don de la vie nouvelle.

Or, l’appel du Christ à la conversion continue à retentir dans la vie des chrétiens. Cette conversion est une tâche ininterrompue pour toute l’Église qui, ayant « des pécheurs dans son propre sein (…) est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et qui poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement » (LG 8). Cet effort de conversion n’est pas seulement une œuvre humaine. Elle est le mouvement du « cœur contrit » (Ps 51, 19) attiré et mû par la grâce (cf. Jn 6, 44 ; 12, 32) à répondre à l’amour miséricordieux de Dieu qui nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4, 10). En nous purifiant des péchés, l’eau du Baptême, par la force de l’Esprit Saint, reçoit la grâce de nous convertir des ténèbres à la vie de lumière. Par cette conversion, nous obtenions la nature de fils et filles adoptifs de Dieu.

Par ailleurs, dans la conversion de saint Pierre, après le triple reniement de son Maître, les larmes sont un élément remarquable. En effet, le regard d’infinie miséricorde de Jésus provoque chez Pierre les larmes du repentir (Lc 22, 61) et, après la résurrection du Seigneur, la triple affirmation de son amour envers lui authentifie ce repentir (cf. Jn 21, 15-17). Ce type de conversion a donc aussi une dimension communautaire, puisque Pierre converti par l’amour, est investi de la charge de ‘pasteur’ de tout le troupeau.

Saint Ambroise dit alors des deux conversions que, dans l’Église, « il y a l’eau et les larmes : l’eau du Baptême et les larmes de la Pénitence. »

 P. Adalbert Fouda Sch. P.

ADALBERT FOUDA

ADALBERT FOUDA

Piariste

Né à Yaoundé. Religieux et prêtre piariste. Exerce actuellement son ministère à Libreville comme enseignant de mathématiques et religion au Collège Calasanz; et vicaire de la Paroisse. L’enfant c’est ma passion!  

«L’Evangile de Calasanz»

«L’Evangile de Calasanz»

Suivant des experts en langue biblique néotestamentaire, le terme évangile, transcrit du grec ‘ευαγγέλιοv’, signifie « La Bonne Nouvelle ». Chez saint Marc, il signifie une narration assortie de témoignage de la vie, la mort et la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ (Mc 1,1). Saint Jean, pour sa part, exprime clairement que l’objectif d’un évangile est de nous conduire à la foi qui donne vie (Jn 20, 31).

Parler d’évangile de Calasanz, entend mettre en exergue la dynamique d’une vie dont le témoignage continue de se répandre dans diverses parties du monde, et invite l’homme à la foi en Dieu. Le contenu de la vie de Calasanz, comme un livre ouvert, constitue en effet son évangile. D’une enfance pieusement encadrée, nous voyons un jeune homme soucieux de servir Dieu ; puis, un pasteur ambitieux, et un homme hardiment engagé sur le chemin de sainteté –au prix de grandes souffrances- au cœur même de Dieu. Ses biographies disent bien cet évangile d’une vie pleine de sens, l’expérience d’un homme qui comme un Saint Paul au soir de sa vie reste confiant d’avoir « combattu jusqu’au bout le bon combat» (2 Tm 4, 7), et a reçu la récompense promise de son Seigneur. Parler de l’évangile de Calasanz, nous invite simplement à méditer sur sa vie, sa mort, et sa naissance au ciel, dont la ‘bonne nouvelle’ est d’abord entendue de la bouche d’un enfant. Ceci, pour découvrir davantage la vie de cet homme dont les pas ont porté la bonne nouvelle du salut par l’éducation aux enfants pauvres. Revisiter la vie de Calasanz comme un évangile, peut aussi réchauffer les motivations authentiques attiédies par l’usure du temps.

Par ailleurs, les plus dures épreuves de sa vie, constituent aussi une bonne nouvelle ; car on peut y redécouvrir l’assurance de la constante disponibilité de la grâce divine. L’itinéraire de cet homme de Peralta, mort à Rome comme un Paul, laisse voir des traces d’une vie de foi animée d’espérance et de charité.

Encore, comme saint Paul, Calasanz est détourné d’un projet purement humain pour être inscrit dans le riche projet de Dieu, en se donnant aux enfants pauvres. Ce don total de lui-même, par amour pour son prochain est également la ‘bonne nouvelle’ que toute l’Église reçoit.

 P. Adalbert Fouda Sch. P.

ADALBERT FOUDA

ADALBERT FOUDA

Piariste

Né à Yaoundé. Religieux et prêtre piariste. Exerce actuellement son ministère à Libreville comme enseignant de mathématiques et religion au Collège Calasanz; et vicaire de la Paroisse. L’enfant c’est ma passion!