La Toussaint: une vision claire, un chemin clair
La célébration de « Tous les Saints » est pour nous un projecteur. Car, elle projette nos cœurs et nos yeux vers le telosde notre espérance, en donnant à notre vie présente, de voir le futur vers lequel chemine notre espérance croyante. En bref, la Toussaint donne à notre esprit une vision claire, mieux, l’horizon de notre futur.
Saint Jean (Ap 7, 2-4.9-14) parle de deux visions introduites par le verbe « voir » :
- La première éclaire notre esprit sur l’union entre la liturgie céleste et la liturgie terrestre. Les sacrements que nous célébrons sur terre marquent nos âmes pour la gloire du ciel. Chaque fois que l’Eglise se rassemble pour célébrer, les « saints » sur terre (comme saint Paul appelle les « chrétiens » dans Rm 1, 7 ; Col 1, 2 ; Eph 1, 1), et les saints dans la gloire du Père s’unissent. Dans chaque acte liturgique cette union est réelle.
- Deuxièmement, Jean donne une vision de ceux qui sont appelés à cette communion avec Dieu : TOUS ! Tous, sont appelés à la gloire du Père, ceux qui ont reçu le sceau d’une vie sacramentelle (les fidèles) et ceux chez qui nous ne reconnaissons pas une telle marque (les non-baptisés, les non-croyants). Ceux qui sont reconnus officiellement (comme Calasanz, Anuarite, Charles Lwanga….) et ceux qui ne le sont pas, mais dont les exemples de vie dans nos villages et villes sont indiscutables (les non proclamés sur l’autel consacré).
Nous sommes tous appelés à la sainteté ; tous appelés à blanchir nos robes c’est-à-dire, purifier nos cœurs, nos comportements et nos mentalités. Seulement de cette façon pouvons-nous être « semblables » à Lui (1Jn3, 3), et reconstituer un saint peuple des hommes et des femmes qui s’écoutent et s’accueillent mutuellement, synodalement et inter-culturellement ; conscient que Dieu lui a donné un amour tellement grand (1Jn3, 1).
Au départ, nous avons donc une claire vision de Dieu et ses mystères révélés en Jésus-Christ ; et à l’arrivée, notre finalité : être semblables à Dieu quand nous Le verrons. Entre ces deux points, il faut passer par un processus de bonification, en pratiquant les Béatitudes. Ces bonnes attitudes que Jésus enseigne sont le chemin clair de notre bonheur présent et futur.
Il faut apprendre la pauvreté du cœur, la douceur, le regret du péché du monde, être miséricordieux, affamés et assoiffés de justice, passer par la contradiction, la persécution à cause du Christ, pour pouvoir vivre la paix et le bonheur véritables. En plus d’être un chemin de vie heureuse, les Béatitudes sont des bénédictions que Jésus offre à toute l’humanité : heureuse seras-tu, humanité, quand tu retrouveras ces vraies voies du bonheur durable, ces voies de sainteté!

ADALBERT FOUDA
Piariste