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Dans l’Évangile de Marc soumis à notre méditation en ce 16e dimanche du temps ordinaire, nous voyons Jésus, le vrai pasteur, qui manifeste une infinie sollicitude pour les foules, mais aussi pour ses premiers collaborateurs, les apôtres.

Après une première mission, les Apôtres reviennent vers Jésus, pour lui rendre compte de ce qu’ils ont fait et voir s’ils ont été fidèles aux recommandations du Maître. On les imagine aussi bien fatigués : parcourir la Galilée à pied, sans argent, sans tunique de rechange, avec un simple bâton et en vivant de la charité et de l’hospitalité des villageois rencontrés, cela n’a pas dû être de tout repos.

Et Jésus leur propose une sorte de retraite : partir à l’écart, dans un endroit désert, pour prendre un temps privilégié de cœur à cœur avec lui pour se replonger au cœur même de ce qui a fait d’eux des Apôtres du Seigneur. Jésus les invite donc à cesser pour quelques temps leurs activités apostoliques, et même à délaisser cette foule qui les presse, pour prendre le temps du ressourcement.

En ce temps de vacances, il est bon d’entendre cette parole de l’Évangile de Marc. Après une mission difficile, les Douze ont besoin d’un repos auprès du Seigneur. Leur attitude est pour nous un enseignement vivant. Ils n’ont pas oublié celui qui est à la source de leur apostolat, le Seigneur Jésus, et ils lui rendent compte de leur activité. Plus profondément encore ils font en présence de Jésus une relecture, un bilan de leur apostolat. Nous vivons dans une époque pressée, une époque anti-contemplative, dans laquelle tout doit aller vite, dans laquelle le temps c’est de l’argent. Cette sagesse des apôtres nous fait souvent défaut. Car nous ne prenons pas le temps de faire le bilan de notre vie, de relire les événements de notre vie à la lumière de la Parole de Dieu. Nous sommes happés par l’immédiat et l’instant présent, par l’urgence du faire, ce qui au fond ne nous rend pas plus efficaces. Ce qui nous paralyse plutôt. Car ce qui paralyse notre activité, c’est le manque d’idéal et de but. En tant que chrétiens nous devons comme les apôtres prendre le temps du recul et de la distance par rapport à nos diverses activités, et relire la manière dont nous vivons notre vocation en présence du Christ. « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. »  Comme les apôtres nous avons besoin de nous reposer physiquement, mais aussi psychologiquement et spirituellement. Ce qui implique de notre part une attitude d’abandon filial dans le cœur de Dieu, un lâcher-prise par rapport à nos responsabilités et à nos activités. Non pas par paresse ou démission ou encore fuite, mais bien une nécessaire prise de distance.

Sans temps spécifiques de mise à distance par rapport à notre vie quotidienne, notre foi risque bien de s’asphyxier… Le temps du « désert », du silence, de la retraite, est une cure indispensable pour lui redonner tonus et vitalité. La retraite spirituelle nous permet de respirer le grand air pur de l’Esprit-Saint dans nos vies bien souvent polluées par le stress et l’activisme. Comme quand nous courons, nous avons besoin de respirer fort pour avancer, de même, nous avons besoin de prier, pour tenir bon dans notre vie de foi.

D’ailleurs, on peut dire que, c’est ce temps que nous vivons chaque dimanche. Oui, chers frères et sœurs, notre mise à l’écart chaque dimanche, pour ce temps de rencontre avec notre Dieu, nous est nécessaire pour ne pas devenir des intoxiqués du travail, du rendement à tout prix. Ce temps nous est nécessaire pour être, dans le monde, signe de cet autre monde que Dieu veut construire pour le bonheur de tous. Les foules affamées d’une parole vraie existent encore comme au temps de Jésus ; mais si nous ne faisons plus signe par notre mise à l’écart chaque dimanche, comment ces foules parviendront-elles à Jésus. « Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup les reconnurent. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant ». Ces quelques hommes, dans leur barque avec Jésus, ont transporté les foules jusqu’au Christ. Comment pourrions-nous faire de même si nous sommes détournés de Christ, si nous ne le portons plus en nous et si nous ne nous laissons plus inviter par lui à le rejoindre, à l’écart, près de celui qu’il appelle son Père et notre Père ?

Si nous mettons l’amour de Dieu au cœur de nos vies, alors, oui, nous vivrons notre vie familiale et professionnelle d’une tout autre manière que celle qui nous est imposée par la vie moderne. Nous mettrons du sens, un but, dans ce cadre bien souvent étouffant qui veut nous rendre esclaves du temps et de l’efficacité.

Alors même si nous ne faisons pas de retraite spirituelle pendant ces vacances, cet Évangile nous redit l’importance de vivre autrement en prenant du recul par rapport à notre vie bien souvent trépidante. Et nous avons pour cela deux moyens essentiels : la prière personnelle et la lecture spirituelle. Sans la prière personnelle, notre participation à la messe risque de devenir une habitude ritualiste.

P. Guy Sibilé Ehemba Sch. P.

Dimanche 18 Juillet 2021 | Temps Ordinaire – 16ème dimanche

Marc 6 : 30-34 : Ils marchaient comme des brebis sans berger

Les Apôtres se réunissent auprès de Jésus, et lui rapportent tout ce qu’ils ont fait et enseigné. Il leur dit: «Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu». De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux qu’on n’avait même pas le temps de manger. Ils partirent donc dans la barque pour un endroit désert, à l’écart. Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup les reconnurent. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux. En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de pitié envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les instruire longuement.

GUY SIBILÉ EHEMBA

GUY SIBILÉ EHEMBA

Piariste

Père Piariste de la Province de l’Afrique de l’Ouest. Il est en mission dans la banlieue dakaroise plus précisément à Sam Sam 3. Il est Recteur de la communauté et Directeur Gérant du Complexe Educatif des Ecoles Pies de Thiaroye.