Nul ne met en doute aujourd’hui l’apport incommensurable du numérique dans la vie sociale en général et dans l’éducation en particulier. Le numérique compris comme l’utilisation des techniques de l’information et de la communication a révolutionné les relations sociales et l’accès à l’information. Ces techniques considérables réduisent la distance sociale et favorisent une plus grande rapidité d’accès à l’information. C’est ce que nous appelons la première face des réseaux sociaux.
La seconde face du numérique produit un effet pervers sur la jeunesse. La pluralité des informations disponibles ouvre la possibilité d’accès à la mauvaise information. Au lieu d’établir des liens, les jeunes s’isolent. La société numérique interconnecté est la société de l’individualisme et de l’isolement. La rencontre entre le « toi et le moi » devient soit le « moi et moi ». La tablette, le smartphone, l’ordinateur ou la console sont devenus l’autre moi qui n’est pas toi.
Ce contraste pose un certain nombre de problème sur le plan éducatif :
- La construction des savoirs : quelles informations pour construire un savoir crédible
- La place du maître : les réseaux sociaux ont produit des nouveaux maîtres et d’influenceurs anonymes. Gilles Lipovetsky auteur de Plaire et Toucher appelle cela « séduction souveraine » pour lui, « La séduction se manifeste au travers d’un ensemble de dispositifs (parures, danses, discours, pratiques magiques) réglés par la société qui visent à accroître le potentiel d’attirance des personnes ».
La question de l’éducation est donc remise en cause et on est en droit de nous demander s’il ne faille pas réinventer l’éducation au point de l’aider à retrouver sa lettre de noblesse. C’est certainement la responsabilité qui incombe les personnes qui élaborent les politiques publiques de l’éducation mais plus encore les premiers éducateurs qui sont les parents et les enseignants. Il est important aujourd’hui de repenser une forme d’éducation qui prenne en compte l’évolution de la société et voir dans quelle mesure on peut rééduquer non seulement les mentalités mais aussi et surtout les consciences humaines. La coexistence pacifique est possible si nous prenions conscience de l’existence de ceux avec qui nous partageons le quotidien plutôt que ceux qui nous vendent à longueur de journée des illusions.
P. Clément Tsanga Mbia Sch. P.

CLÉMENT TSANGA MBIA
Piariste
Religieux piariste de la Province d’Afrique Centrale, Assistant provincial en charge du ministère et de la mission partagée piariste et responsable de l’animation et de l’innovation pédagogique dans les Ecoles piaristes d’Afrique Centrale.