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« Je suis venu apporter un feu sur la terre et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et comme il m’en coûte d’attendre qu’il soit accompli ! Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non je vous le dis mais plutôt la division. »

Cette parole de Jésus lue littéralement vient presque à l’encontre de l’idée que nous pouvons nous faire de Lui. Comment se peut-il qu’il ne vienne pas pour apporter la Paix ? Surtout pour ses contemporains, entendre cette parole a dû être un bain d’eau froide puisqu’ils attendaient justement un Messie qui serait capable d’apporter la paix et d’unifier le peuple.

Ce Jésus sur qui repose tout notre espoir de paix affirme qu’il n’est pas venu apporter la paix dans ce monde mais la guerre, la division. Que comprendre de ce passage ? Quel enseignement retenir pour notre vie chrétienne aujourd’hui ?

Frères et sœurs, qu’il y ait dans l’évangile des passages qui au sujet de Jésus parlent de paix et des passages qui parlent de feu, de division, ne peut-on pas y voir une contradiction flagrante ? Il faut savoir que l’évangile que nous méditons se situe dans un contexte bien précis : c’est la dernière montée de Jésus à Jérusalem. En des termes imagés, Jésus parle à ses disciples de ce qui l’attend et ce qui attend tout chrétien dans ce monde. Qu’est-ce qui attend Jésus et qu’est-ce qui attend tout chrétien dans ce monde qui décide de le suivre ?

En parlant ainsi, Jésus faisait allusion à ses grandes souffrances et à sa mort sur la croix. Ce n’est donc pas dans un monde de paix qu’il est venu.

Ce monde dans lequel il exerce sa mission est un monde marqué par la haine, la violence et au sommet de sa mission, il sera lui-même victime de la haine, de la violence de ce monde. Cela nous le comprenons facilement mais que Jésus nous disent qu’il n’est pas venu apporter la paix mais la division, cela est difficile à avaler pour nous qui comptons sur lui pour bâtir la paix dans nos foyers, dans nos communautés, dans notre monde. Et pourtant Jésus nous dit clairement qu’il n’est pas venu apporter la paix mais la division. Et cela confirme bien ce que le vieillard Syméon avait prédit au sujet de l’enfant Jésus à sa Présentation au Temple. Il avait dit à Marie : « Ton fils provoquera le chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division, de contradiction pour le peuple ».

Frères et sœurs, ce feu dont parle Jésus est celui de l’amour qui brûle en son cœur. Ce feu ouvre les cœurs aux autres. Il détruit les égoïsmes et l’orgueil des humains, il consume leur soif de pouvoir et d’honneur. Il purifie et rend capable de sortir de soi-même et d’aller vers les autres, de semer la fraternité et la joie.

Celui qui prend position pour Jésus, ne peut pas connaître la paix éphémère. Bien au contraire, il partage le baptême du Christ, sa coupe de douleur. Ce qui est arrivé au prophète Jérémie dans l’Ancien Testament préfigurait le sort des disciples en ce monde. Le Prophète Jérémie invitait ses compatriotes à se confier en Dieu plutôt que de courir vers les puissantes nations pour chercher à conclure des alliances. Conséquence : il a été accusé de semer le trouble dans la ville, il a été persécuté mais Dieu ne l’a pas abandonné, il l’a délivré de la mort par un étranger. Comme lui, bien des hommes et des femmes qui ont fait la rencontre avec Jésus, qui ont pris position pour lui ont fait l’expérience du rejet, de la persécution et même de la mort. Les médias nous montrent des chrétiens qui sont obligés de fuir leurs milieux de vie parce que persécutés, massacrés au nom de leur appartenance à Jésus.

L’évangile nous parle de divisions qui vont jusque dans les relations familiales : « cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois, le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère… ». Frères et sœurs, ces divisions familiales dont parle l’évangile sont courantes et nous n’avons pas besoin des médias pour l’apprendre. Dans nos familles, dans nos communautés nous en rencontrons.

Avec Jésus, nous ne pouvons pas nous contenter de la paix illusoire, nous sommes en guerre contre le mal qui est dans le monde et en nous-mêmes, nous sommes en guerre contre le péché sous toutes ses formes. Comme le dit l’épitre aux Hébreux, nous n’avons pas encore résisté jusqu’au sang dans notre lutte contre le péché. Oui, jusque-là, nous n’avons pas encore versé une goutte de notre sang pour Jésus-Christ. Sommes-nous prêts à aller jusqu’au bout ?

Que l’Eucharistie de ce jour nous donne de pouvoir renoncer aux plaisirs de ce monde et de témoigner de Lui, Jésus-Christ qui nous aime maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !

P. Guy Sibilé Ehemba Sch. P.

Dimanche 14 août 2022 | 20ème dimanche du temps ordinaire

Luc 12, 49-53 : Je ne suis pas venu apporter la paix, mais la division.

«Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé! Je dois recevoir un baptême, et comme il m’en coûte d’attendre qu’il soit accompli! Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde? Non, je vous le dis, mais plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées: trois contre deux et deux contre trois; ils se diviseront: le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère».

GUY SIBILÉ EHEMBA

GUY SIBILÉ EHEMBA

Piariste

Père Piariste de la Province de l’Afrique de l’Ouest. Il est en mission dans la banlieue dakaroise plus précisément à Sam Sam 3. Il est Recteur de la communauté et Directeur Gérant du Complexe Educatif des Ecoles Pies de Thiaroye.