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Du football à Calasanz

Du football à Calasanz

Au mois de septembre 2021, le Vicariat piariste du Congo a ouvert son noviciat dans une maison en location à Kinshasa, chez les Frères des Ecoles Chrétiennes de Saint Jean de la Salle. C’est une grande concession à l’intérieur de laquelle se trouvent plusieurs écoles. Dans les négociations avec les Frères, ces derniers nous ont permis d’occuper tous les soirs, autant qu’on le voudrait, le terrain de football de l’un de leurs collèges, situé à une centaine de mètres de notre communauté.

Avec ce stade de football des Lasalliens, l’équipe formative venait là de résoudre une difficulté : assurer aux jeunes novices et scolastiques un espace pour le sport nécessaire pour leur équilibre et développement. Ainsi, quotidiennement, le temps réservé au sport était mis à profit. Le football était à l’honneur. Les premières semaines, nos jeunes commencèrent à jouer au ballon tout seuls. Puis, certainement alerté par le bruit du ballon, Papa Philippe, un des ouvriers des Sœurs Carmélites (nos voisines), déjà âgé d’environ soixante ans, demanda à rejoindre nos joueurs. La permission lui fut accordée sans problème. C’est un homme jovial, ancien footballeur de Vita Club, la deuxième meilleure équipe de football de la République Démocratique du Congo. Pour ceux qui connaissent le football espagnol, Vita Club est à Kinshasa ce que le Barça est à Barcelone ou, pour éviter la polémique, ce que le Réal est à Madrid ! Mais bon, passons…

Papa Philippe, constatant que notre effectif ne nous permettait pas d’avoir deux équipes de onze joueurs chacune, fit venir son fils qui plus tard fit venir à son tour quelques uns de ses amis. Au fil du temps, petit à petit, on se retrouva avec beaucoup de jeunes du quartier, prêts à entrer sur le terrain. Cette situation inattendue n’était pas sans provoquer quelques problèmes : assez régulièrement, certains de nos novices qui n’avaient pas un grand talent footballistique se retrouvaient hors de la feuille de match au profit des jeunes du quartier.

Le très grand nombre de joueurs avait fini par développer la concurrence. Et ce qui pour nous était juste un sport de mise en forme devint de plus en plus violent, avec le risque de perdre sa jambe. L’intention n’était plus la même, la vision avait changé. La victoire à tout prix était devenue l’objectif principal.

Il fallait contrôler la situation avant qu’un accident malheureux ne survienne. On dit aux jeunes ce qu’on attendait d’eux et qu’au cas où ils ne respectaient pas les consignes, on leur fermerait les portes du stade. Cette mise au point eût un effet positif immédiat : nos jeunes avaient désormais la priorité sur le terrain et toute violence dans le jeu disparut. Les remplacements étaient plus nombreux pour permettre au plus grand nombre de jouer.

Mieux : cet environnement sportif est en train de se transformer en apostolat. Désormais tous les soirs, à la fin de chaque match, tous les joueurs se réunissent pour la prière. Chose encore curieuse, un de ces jeunes veut connaître plus sur saint Joseph Calasanz et veut devenir piariste. Il fait partie actuellement du groupe de nos aspirants. Une véritable vocation du football.

P. Félicien Mouendji Sch. P.

FÉLICIEN MOUENDJI MASSONGO

FÉLICIEN MOUENDJI MASSONGO

Piariste

Prêtre piariste de nationalité camerounaise. J’ai travaillé principalement comme formateur au Sénégal et au Cameroun. J’ai occupé les fonctions d’assistant provincial et responsable d’Itaka dans la Province d’Afrique centrale. Actuellement, j’exerce comme Supérieur du Vicariat piariste du Congo et Maître des scolastiques à Kinshasa (RD Congo).